jeudi 29 septembre 2011
Chut (6)
mardi 27 septembre 2011
Chut (5)
L'enfant s'exécute en silence, absorbé par le plaisir d'exister. En silence, il frotte le dos de sa mère installée dans la baignoire. En silence, il se jette sur l'édredon du lit de la pièce en moquette, lorsque sa mère le renvoie. "Ça ira. Vas attendre dans l'autre pièce. Nous allons faire une sieste" En silence, il garde précieusement la sensation de son front sur la nuque adorée et celle de la main de sa mère sur sa joue. Avec de l'eau. Du savon. Odeur. Peau. Cheveux. Son. Sa.
lundi 26 septembre 2011
Chut (4)
mercredi 3 août 2011
Chut (3)

Trottoirs grouillants, bal des voitures, remue-ménage au bas de la rue. L'enfant scrute par la fenêtre de la chambre du palace. Sa mère déambule dans la pièce, robe de chambre soyeuse et légère, les pieds nus. L'enfant admire les pieds nus de sa mère qui la promènent jusqu'à la chambre de la tante alitée de froid dans la chaleur de cet ailleurs sous le soleil. Elle demande du repos avant le départ vers chez eux. Tack Gud! On ferme la porte, bien sûr. La fenêtre est enfin ouverte. Repos de la tante jusqu'au départ. Demain ?
mardi 2 août 2011
Chut (2)

On l'isole ou s'isole de lui. Hors scène. Le corridor en long comme en large. En marche et en silence sauf mécanique audible en plein, comme absente à la fois. Une montagne, dehors, découvre un soleil d'ailleurs et d'on ne sait où. L'enfant s'assoupit au sol en marche. Encore ce son étranger qui le sort de son mi-sommeil. Un homme en uniforme du rail passe de compartiment en compartiment dans un charabia sans avant. L'enfant lorgne, un passager se réveille. L'enfant se planque en vitesse et en marche au son mécanique qui poursuit sa route. Une gare, des trains de plus, des chars. L'enfant n'en peut plus de photographier en dedans, par les yeux, sa tête blonde comme suivant une balle de tennis en match et immobile sur un gradin tournant. Manège de guerre. Sa mère dans le corridor, arrêt du train, arrêt du voyage dans cet ailleurs sonore et sous le soleil.
jeudi 30 juin 2011
Chut

samedi 4 juin 2011
Pluie

Il pleut et nous lisons. Nous avons commencé par Les Mystères De Paris. Puis nous avons envoyé le petit se coucher. Les bagarreurs et la chanteuse entraient dans le paltoquet. De là, chacun a pris son ouvrage propre et nous nous sommes installés face à face, tête dans les pages. Deux trois mots de temps à autres. Deux trois mots qui n'avaient rien à voir avec ceux que nous lisions respectivement. Je crois. Me souvenir. Je ne les prenais pas de la sorte, ce soir-là. Ni jamais puisque je n'y ai plus repensé avant maintenant. Même maintenant, je n'y pense pas tellement, en somme, car je me remémore cette soirée pour d'autres raisons que pour ces mots échangés. Lesquels ? La pluie battait à plein. Nous l'entendions par les deux fenêtres ouvertes qui chacune donnait sur sa cour propre. Un écho qui résonne, on aurait dit. Je ne me souviens plus bien où nous avions posé le pot de tabac. Nous l'avions cherché, d'ailleurs. Ce pot de tabac aurait tout à fait mérité une place à lui mais nous n'y étions pas encore parvenus alors. Même plus tard, le pot de tabac n'a jamais vraiment trouvé sa place. C'est sans doute la raison pour laquelle nous le fumions, le remplacions et ainsi de suite. Je dis le pot de tabac mais ce n'était finalement jamais le même.



